Romeo Castellucci

//english

Born in 1960 in Cesena.

Theater director, visual artist and Italian scenographer. He was the associated artist of the Festival in Avignon in 2009 and was awarded the Golden Lion at Venice Biennale in 2013.

The closest heir of Antonin Artaud and of his ‘ theater of cruelty ‘ based his company, Socìetas Raffaello Sanzio in Cesena. The company was founded with his sister Claudia and Chiara Guidi during the early 80s and since then, Castellucci creates theater, dance and opera pieces which strike the world of arts.

Romeo Castellucci produces experimental theater, if we wish to classify and simplify it – but foremost, the student of painting and scenography intervenes as a real visual philosopher.

Text often dilutes in images and strong sounds, making the public fall into a sensory experience close to an electrocution, leading to a profound reflection on our common past, bound to the present and letting appear the future. In Tragedia Endogonidia, a cycle of eleven spectacles created between 2002 and 2004, to quote only this work, Romeo Castellucci made tip over reality to radicalness, which he made navigate through all of Europe, by taking various cultural elements at certain given places and moments, while translating it to the emotions of his public. Here we approach limbos, these indefinite territories where souls rest, and are reflected our foundation myths as so many scenarios of the future.

The work of Romeo Castellucci is incredibly deep and reflected, abolishing absolutely all sorts of limits, those of the form as well as of the content.

Romeo Castellucci: Le Sacre du Printemps, Gebläsehalle Duisburg, 2014. © Wonge Bergmann für die Ruhrtriennale, 2014
Romeo Castellucci: Le Sacre du Printemps, Gebläsehalle Duisburg, 2014.
© Wonge Bergmann für die Ruhrtriennale, 2014

Recently, at Ruhrtriennale, he recreated Le Sacre du Printemps, composed by Stravinsky and choreographed by Nijinsky. Here, the director does not linger over the energy of bodies but over that of their rites, connected to the fertility of the earth, by distinguishing the male of the female. He makes a composition of machines dance in an incredibly humanized and sexual way, which spit powder of crushed animal bones, industrially produced and used as a fertilizer. By this means, he creates a ballet of dust, turning around the sacrifice of “the chosen one”.

It leaves you shocked, by the wild rhythm of the preserved composition as well as by the images – making you think of the Genesis verse “for dust you are and to dust you will return.” The whole piece is preceded by a composition of Scott Gibbons – American musician who has been accompanying the work of Romeo Castellucci for fifteen years now and who is somewhat the listener of the atom, its humming, making the ear plunge into the depths of the germinations.

In the middle of the creation of Neither, a play based on the anti-opera of Morton Feldmann and Samuel Beckett and being his second work at this year’s Ruhrtriennale, Romeo Castellucci confides us some of the keys to his remarkable work, thereby passing on his applied research of dignity through the art of his theater.

www.raffaellosanzio.org

Morton Feldman / Samuel Beckett / Romeo Castellucci: Neither, Jahrhunderthalle Bochum, 2014 © Ruhrtriennale, Foto: Stephan Glagla, 2014
Morton Feldman / Samuel Beckett / Romeo Castellucci: Neither, Jahrhunderthalle Bochum, 2014
© Ruhrtriennale, Foto: Stephan Glagla, 2014

//français

Né en 1960 à Cesena.

Metteur en scène, homme de théâtre, plasticien et scénographe italien. Il a notamment été artiste associé du Festival d’Avignon en 2009 et s’est vu décerner le Lion d’Or à la Biennale de Venise, en 2013.

Celui qui est le plus proche héritier d’Antonin Artaud et de son ‘théâtre de la cruauté’ a fondé sa compagnie, la Socìetas Raffaello Sanzio à Cesena, avec sa sœur, Claudia et Chiara Guidi au début des années 80 et depuis, il crée des pièces de théâtre, de danse ou d’opéra qui bouleversent le monde des arts de la scène.

Il s’agit d’un théâtre expérimental, si on souhaite le classer et simplifier, mais surtout, celui qui a étudié la peinture et la scénographie intervient comme véritable philosophe visuel. Le texte se dilue souvent dans des images et des sons forts faisant basculer le public dans une expérience sensorielle proche d’une électrocution, induisant une réflexion profonde sur notre passé commun, lié au présent et faisant entrevoir l’avenir. Dans Tragedia Endogonidia, un cycle de onze spectacles, créés entre 2002 et 2004, pour ne citer que ce travail, Romeo Castellucci a fait basculer la réalité dans la radicalité, qu’il a fait naviguer à travers toute l’Europe, en prélevant différents éléments culturels à des endroits et des moments donnés, tout en le greffant aux  émotions du public. On s’approche ici des limbes, ce territoire-état indéterminé dans lequel  reposent les âmes et où se reflètent nos mythes fondateurs comme autant de scénarios futures.

Le travail de Romeo Castellucci est incroyablement profond et réfléchi, repoussant absolument toute sorte de limites, aussi bien au niveau de la forme que du fond.

Romeo Castellucci: Le Sacre du Printemps, Gebläsehalle Duisburg, 2014. © Wonge Bergmann für die Ruhrtriennale, 2014
Romeo Castellucci: Le Sacre du Printemps, Gebläsehalle Duisburg, 2014.
© Wonge Bergmann für die Ruhrtriennale, 2014

Récemment, à la Ruhrtriennale, il a recréé Le Sacre du Printemps, fulgurant manifeste composé par Stravinsky – et chorégraphié par Nijinsky. Ici, le metteur en scène ne s’attarde pas sur l’énergie des corps mais sur celui de leurs rites, liés à la fécondité de la terre, en distinguant le masculin du féminin. Il y a fait danser un dispositif de machines incroyablement humanisées et sexuées qui crachent une poudre d’os d’animaux fabriquée industriellement, en réalité un fertilisant. Il crée un ballet de poussière qui tourne autour du sacrifice de « l’Élue ».

A nouveau, on y est ébranlé, aussi par le rythme effréné de la composition conservée telle quelle et par les images – on songe à la Genèse “tu es poussière, et à la poussière tu retourneras.” La pièce est également précédée par une composition de Scott Gibbons – musicien américain qui accompagne le travail de Romeo Castellucci depuis quinze ans et qui se met à l’écoute de l’atome, de son vrombissement, faisant plonger l’oreille dans les profondeurs des germinations.

En pleine création de Neither, son second travail de mise en scène d’après l’anti-opéra de Morton Feldmann et Samuel Beckett, présenté à la Ruhrtriennale encore cette semaine – d’une élégance rare, Romeo Castellucci confie dans cet entretien qu’il nous a accordé, quelques clés de son travail remarquable, transmettant ainsi sa recherche appliquée de la dignité à travers la scène de son théâtre.

www.raffaellosanzio.org

//Subtitles translated by David Malek.

Morton Feldman / Samuel Beckett / Romeo Castellucci: Neither, Jahrhunderthalle Bochum, 2014 © Ruhrtriennale, Foto: Stephan Glagla, 2014
Morton Feldman / Samuel Beckett / Romeo Castellucci: Neither, Jahrhunderthalle Bochum, 2014
© Ruhrtriennale, Foto: Stephan Glagla, 2014

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