Lemi Ponifasio

//english

His personal details (like his birthday) remain unknown. Known are his origins on the islands of Samoa, and that he smiles a lot – mainly out of tactfulness. Even though he works as both, he is considered more a choreographer than a director in Europe. Lemi Ponifasio does not want to be defined on pre-existing creations. He works with what he knows best, elements out of his culture, even if this culture could have been another one. He believes in coincidences, in everything that can not be comprehended right away. In his work, the humans meet gods, animals, and the elements, dance with them and foremost communicate. They create and destroy links, they create and destroy stories.

In 1995, he creates the troop MAU, which stands for “the ceremonial affirmation of the truth of a subject” an “revolution”. In 2010, his path leeds to Europe with the work Tempest. He sees himself invited to the most famous houses and the biggest theatre and dance festivals in the world, like the Grand Théâtre de la Ville de Luxembourg, the Théâtre de la Ville de Paris, or the Venice Biennale, the Festival d’Avignon, and just last week, the Ruhrtriennale. At the Ruhrtriennale was shown his latest creation I am, which premiered at the prestigious Cour d’honneur du Palais des Papes in Avignon. In I am, Lemi Ponifasio starts from World War I and its consequences (from the point of view of a New Zealander), but most importantly, he let’s the play evolve into a universal context. He creates a confrontation of images and references, with texts by Heiner Müller and Antonin Artaud, quasi mythological creatures, animal-like mouvements and around twenty dancers and actors. It is the search for a mythology as the only possible posture of human courage, of its imagination and its future.

 Lemi Ponifasio, I AM, Jahrhunderthalle Bochum, 2014 © Ruhrtriennale, Foto: Jörg Baumann, 2014

Lemi Ponifasio, I AM, Jahrhunderthalle Bochum, 2014
© Ruhrtriennale, Foto: Jörg Baumann, 2014

Lemi Ponifasio could fall into a nauseous esoteric system, but the cultural and personal references aren’t of any interest to him, words neither. He simply does what seems necessary to him. Maybe this is pointing the finger on the most deeply buried fears, our fears, and the possibility to find a way to approach them.

For Kulturstruktur, he became a coup de coeur, explaining to us in all serenity how he sees creation in general but also personally, and talk about the fact that we we are always at war and every single one of us has his/her unique way to apprehend this. The stage and its tensions are his way to engage with this state of mind. Simply by talking about it, he keeps you under his spell, just like a shaman.

Lemi Ponifasio: I AM © MAU Company
Lemi Ponifasio: I AM
© MAU Company

//français

On ignore ses données personnelles, sa date de naissance, on sait qu’il est originaire des Îles Samoa et sourit beaucoup – par délicatesse surtout. En Europe, il est davantage considéré comme chorégraphe que comme metteur en scène, pourtant il fait les deux. C’est-à-dire qu’il ne souhaite pas se définir par rapport à la création pré-existante. Il utilise ce qu’il sait, ce qu’il connaît le mieux, notamment les éléments de sa propre culture, mais cela aurait pu être une autre. Il croit aux hasards, donc en tout ce qu’on ne comprend pas directement. Il propose des spectacles où les hommes se posent avec les dieux, les animaux, les éléments, dansent avec eux et surtout ils communiquent. Ils tendent et détendent des liens. Ils nouent et dénouent des histoires.

En 1995, il crée la compagnie MAU, ce qui signifie « affirmation solennelle de la vérité d’un sujet » et « révolution ». En 2010, il marque son arrivée en Europe avec Tempest. Il est invité dans les plus grandes maisons, aux plus grands festivals de théâtre et de danse au monde, notamment le Grand Théâtre de la Ville de Luxembourg, le Théâtre de la Ville de Paris ou encore la Biennale de Venise, le Festival d’Avignon et la semaine dernière à la Ruhrtriennale avec sa toute dernière création I am, dont la première a eu lieu dans la Cour d’honneur du Palais des Papes à Avignon. Dans ce spectacle qui prend tout son temps, il part de la Première Guerre Mondiale, les conséquences de celle-ci (d’un point de vue néo-zélandais, le sien) mais surtout il le fait évoluer à un point de vue universel. Il entame une juxtaposition d’images et d’échos-références, à travers des bribes de textes (Heiner Müller et Antonin Artaud), de créatures quasi mythologiques, des mouvements particulièrement animaux, avec plus d’une vingtaine de danseurs-comédiens. Il part à la recherche d’une mythologie comme seule et unique posture du courage humain, de son imagination et de son avenir.

Lemi Ponifasio pourrait plonger dans un système ésotérique surfait et nauséabond, mais les références culturelles, les siennes (avec de sublimes incantations qui se perçoivent forcément de manière exotique, à nos oreilles) ne l’intéressent pas, les mots ne l’intéressent pas, il fait ce qu’il estime nécessaire de faire. Peut être est-ce pointer du doigt les craintes les plus enfouies – les nôtres – et la possibilité de les mettre en branle afin de pouvoir au moins se les approprier.

Pour Kulturstruktur, il est devenu un coup de cœur, il nous explique sereinement comment il envisage la création en général, la sienne en particulier – et le fait que nous sommes tous toujours en guerre, que chacun a sa façon de l’appréhender. La scène, les tensions – c’est sa façon de cerner cet état des choses. Et rien qu’en parlant, il envoûte, tel un shaman.

Lemi Ponifasio, I AM, Jahrhunderthalle Bochum, 2014 © Ruhrtriennale, Foto: Jörg Baumann, 2014
Lemi Ponifasio, I AM, Jahrhunderthalle Bochum, 2014
© Ruhrtriennale, Foto: Jörg Baumann, 2014

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