Brett Bailey


//english

Born in 1967 in Cape Town. Brett Bailey is a writer, director, scenographer, curator and artist. He is the director of the Third World Bunfight group. He was the curator of the first public festival, Infecting the City, in Cape Town (2008-2011).
He studied theatre in Dasarts Master of theatre in Amsterdam and considers himself as an explorer of theatre. He tries to excavate the stories of the private individual in the universal and the opposite. For a decade now, he plays in a large number of theatres in Europe, Africa and in Australia.
Following Exhibit A, that he stages in 2010, he creates Exhibit B in 2012 – a play with a very special and important composition. It consists of twelve tableaux vivants. Black comedians play the motionless images of the slaves from the colonial past. The work is inspired by the atrocity of the human zoos, which existed till the beginning of twentieth centuries, serving as a legitimisation for the abominable colonisation. The work of Bailey is without a doubt an interrogation, leading to a strong criticism of a history which haunts humanity in general. Exhibit B is presented at Kunstenfestivaldesarts in Brussels and at Festival d’Avignon provoking a lot of emotion as well as success.
At the end of September 2014, the piece must be cancelled at the Barbican in London. Large demonstrations disrupt his installation, antiracist groups condemn the work as racist, realised by a white director, who would banalise the system of slavery. The demonstrators refuse to see the play and the Barbican decides to cancel the representations, fearing even larger demonstrations.
And then, very recently, in late November and early December, Exhibit B is shown in Paris, in the Theatre Gérard Philippe of Saint-Denis and in Centquatre.
Demonstrations crossed the sea and again, some people relate exclusively to the violent clichés of the play, refusing a differentiated confrontation with the work. They shout on the streets in front of both theatres, but also remind us of the the pain caused by past and present slavery. We see Annulez Exhibit B on black banners. Nevertheless it is the same messages that Brett Bailey and his comedians transmit through their work. Passing on the universal melancholy – this deep sadness which we share when we are seized by the pains of others. Exhibit B also leads to the interrogation on the disparities and the current systems of racial segregation.
Three hundred policemen are mobilised so that the representations can take place. A state of exception for the two theatres, but also for the local residents who cannot return to their homes without police control, as well as for the employees of the Centquatre, all are bewildered. It takes Kulturstruktur over an hour to arrive at the appointment with Brett Bailey. An absurd and sad situation – and it is this sadness which we discover in the tired eyes of a director who considers that art has a real civic role. He tells us that he wanted all these people to recognise themselves through their common humanity. Despite of the police, the barricades and the demonstrators, he succeeded – paradoxically. We see numerous high school students leaving the play, profoundly moved. As if transformed by the common History.

//français
Né en 1967 à Cape Town. Il est écrivain, metteur en scène, scénographe, artiste et curateur. Il est le directeur du Third World Bunfight groupe. Il a été le curateur du premier festival public, Infecting the City, à Cape Town (2008-2011).
Il a fait des études de théâtre au Dasarts Master of Theatre à Amsterdam et se considère comme un explorateur de théâtre. Il cherche à excaver les histoires, du particulier à l’universel ou l’inverse. Il joue depuis une dizaine d’années dans un grands nombres de théâtres, en Europe, en Afrique et en Australie.
Après Exhibit A, qu’il crée en 2010, il crée Exhibit B, en 2012 – une pièce importante dans son dispositif. Ce sont douze tableaux vivants. Des comédiens noirs y jouent les images des esclaves des temps coloniaux. Le travail s’appuie sur l’atrocité des zoos humains qui ont existé jusqu’au début du vingtième siècles qui servaient de légitimation pour une colonisation abominable. La pièce de Bailey est sans conteste une interrogation qui mène à une critique forte de cette histoire qui hante encore l’humanité toute entière. Exhibit B est présenté au Kunstenfestival des Arts à Bruxelles et au Festival d’Avignon et suscite beaucoup d’émotion et de succès.
Fin septembre 2014, elle doit être reprise au Barbican à Londres. Seulement de larges manifestations perturbent son installation, des groupes anti-racistes condamne le travail comme étant un travail raciste, réalisé par un metteur en scène, blanc de peau qui ferait l’apologie des systèmes d’esclavagistes. Les manifestants refusent de voir la pièce et le Barbican décide d’annuler les représentations par crainte de débordements majeurs.
Et puis, très récemment, fin novembre, début décembre, Exhibit B doit être montré à Paris, au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis et au Centquatre.
Les manifestations ont traversé la Manche, on ne s’attarde qu’aux clichés durs présents dans cette pièce, on ne comprend pas, on ne veut pas, on crie autour des deux théâtres, on rappelle les douleurs liées à l’esclavage passé et présent. Annulez Exhibit B. Pourtant c’est exactement le même message qu’exprime Brett Bailey et ses comédiens à travers leur pièce. Transmettre cette mélancolie universelle – une tristesse profonde qu’on partage lorsqu’on est saisi par les douleurs des autres et s’interroger sur les inégalités, les systèmes actuels de ségrégation raciale.
Trois cent policiers sont mobilisés pour que les représentations puissent être jouées. Un état d’exception pour les lieux, mais aussi pour le riverains qui ne peuvent plus rentrer chez eux, les employés du Centquatre, tous sont abasourdis, Kulturstruktur met plus d’une heure pour arriver au rendez-vous avec Brett Bailey. Une situation triste et c’est cette tristesse que nous découvrons dans les yeux fatigués d’un metteur en scène qui estime que l’art a un véritable rôle civique. Il nous dit qu’il voulait que les uns et les autres se reconnaissent à travers ce qu’ils ont d’humain. Malgré la police, les barricades, et les manifestants leur droit, il y est parvenu, paradoxalement. On voit nombreux lycéens ressortir de la pièce, profondément émus, comme transformés par l’histoire commune.

Interview made by Karolina Markiewicz and Pascal Piron.

We would like to thank everybody at Centquatre in Paris.

La « civilisation » en ses œuvres, entretien avec le metteur en scène sud-africain Brett Bailey par Jean-Louis Perrier du 23 avr. 2012, sur le site de nos partenaire de Mouvement.net.

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